En mai 1873, Verner a exposé deux tableaux à l'exposition de l'Art Union de Toronto, un événement qui servait à la fois de vitrine artistique et de vente aux enchères. L'une de ces œuvres était celle-ci, intitulée *Hunting the Deer, Muskoka*, qui fut reproduite dans le *Canadian Illustrated News* d'après une photographie réalisée par Notman and Fraser, une maison réputée. Verner est resté fasciné par ces scènes d'hommes pagayant silencieusement sur des lacs aux eaux calmes comme un miroir ; ces sujets lui permettaient de mettre en valeur son grand talent pour saisir l'atmosphère d'un moment de la journée et les effets de la lumière, tout en exprimant ce qu'Henri Cartier-Bresson qualifierait plus tard d'« instant décisif ». Ayant connu la vie militaire dans sa jeunesse, Verner comprenait sans doute les moments d'émotion intense et de danger, des éléments qui ont imprégné sa démarche artistique. En effet, ce sont les tensions entre tranquillité et violence, entre silence et bruit, qui animent cette œuvre au caractère profondément cinématographique. À cet égard, *Hunting the Deer* s'accorderait bien avec la menace sourde qui émane de *Pacific* d'Alex Colville ou de *Migration Boat* de Joe Talirunili. La région de Muskoka a constitué la source d'inspiration de Verner jusqu'à son premier voyage dans l'Ouest en 1873. L'artiste a réalisé plusieurs versions de cette scène, y apportant diverses modifications : remplacement des pagayeurs autochtones par des Blancs, expérimentation de différentes tenues vestimentaires, réorganisation des nénuphars, ou encore ajout ou retrait d'un second canot (à comparer avec la version vendue sous le lot 118 lors de la vente d'art canadien de Waddington en novembre 2019). Il a continué à peindre des hommes en canot pendant les décennies qui ont suivi.
Muskoka a servi d’inspiration à Verner jusqu’à son premier voyage dans l’Ouest en 1873. L’artiste a réalisé plusieurs versions de cette scène, y apportant diverses modifications — comme remplacer les pagayeurs autochtones par des Blancs, expérimenter différentes tenues vestimentaires, redisposer les nénuphars, ou encore ajouter ou retirer un second canot (à comparer avec la version vendue sous le lot 118 lors de la vente d’art canadien de Waddington en novembre 2019) — et a continué à peindre des hommes en canot pendant les décennies suivantes.